Personnes handicapées honnorées
RAPPORT DE LA CONFERENCE – DEBAT ORGANISEE A L’HOTEL DJEUGA PALACE LE 27 NOVEMBRE 2008
Thème: « La Convention relative aux droits des personnes handicapées pour plus de dignité et de justice»
Contexte et Justifications
Une convention sur les droits spécifiques des personnes handicapées a été adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies est entrée en vigueur depuis 03 mai 2008. Le Cameroun pour sa part, cherche encore à ratifier ce texte et à conformer sa législation interne à ses exigences. Pendant ce temps les personnes handicapées subissent au quotidien des violations flagrantes de leurs droits. Face à cette situation, le Centre des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique Centrale en Collaboration avec le Ministère des Affaires Sociales et l’Organisation Non Gouvernementale Sightsavers, à l’occasion de la journées internationale consacrée aux personnes handicapées, ont organisé le 27 novembre 2008 à la salle Garoua de l’Hôtel Djeuga Palace une importante conférence sur le thème : « La Convention relative aux droits des personnes handicapées pour plus de dignité et de justice».
L’organisation d’une telle conférence intervient quelques jours seulement avant la célébration du soixantième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et s’inscrit dans la droite ligne des valeurs de la dignité et de la justice dont doit jouir tout être humain et qui sont retenues comme mots clé de cette commémoration.
Objectifs :
Les objectifs de cette conférence peuvent être se rassembler sous un double prisme :
· Interpeller les médias, la société civile, les gouvernements de la sous région, en particulier celui du Cameroun sur leurs responsabilités et obligations vis-à-vis des textes de cette convention à laquelle ils ont souscrit.
· Sensibiliser les invités et à travers eux toutes les composantes de la société sur la Convention relatives aux droits des personnes handicapées.
Résultats attendus
A l’issue de cette conférence, les participants devraient être mieux sensibilisés sur la nécessité de protéger les personnes handicapées et sur le fait que leur exclusion et les multiples discriminations dont ils sont l’objet privent la société toute entière d’un maillon indispensable à son développement.
Déroulement de la Conférence
La Conférence a effectivement commencé vers 10 h 30 avec un mot de bienvenue de Monsieur Michael Offermann, Conseiller régional en démocratie et Chargé du bureau du Centre des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique Centrale, représentant Mme Marie Evelyne Pétrus Barry en mission. Dans son allocution, le Représentant du Centre a remercié l’assistance pour sa présence et a rappelé le bien fondé d’une telle Conférence. Il a aussi salué la franche collaboration qui existe entre le Ministère des Affaires Sociales, le Centre et l’ONG Sightsavers, laquelle a permis l’organisation d’un tel forum en vue de sensibiliser l’Etat et la société sur les droits reconnus aux personnes handicapées, car une franche importante des personnes vivant avec un handicap vivent dans une situation de marginalisation totale dont une illustration parfaite vient des domaines de l’éducation et de l’emploi. Il a en outre dit que le fait de priver les personnes handicapées de leurs voix prive toute la société d’un maillon important à son développement. Il a finit son allocution en formulant les vœux que de cet échange qu’il souhaite fructueux, sortent une société plus respectueuse des droits des personnes handicapées.
Monsieur Gabriel Ondoua Abah du FACAPH le premier intervenant dont le thème est intitulé « les problèmes liés au handicap et les entraves à la réalisation des droits des personnes handicapées » a instruit l’assistance sur les principaux problèmes que rencontrent les handicapés dans leur vie quotidienne. Il a listé entre autre les marginalisations diverses, les multiples préjugés et la discrimination sous prétexte du handicap, le chômage, la misère, la pauvreté, le rejet et l’inaccessibilité aux infrastructures ouvertes au public, mais aussi et surtout du rejet qui conduit fatalement à la solitude et à la mendicité. Il a essayé d’expliquer que la marginalisation dont souffrent les personnes handicapées provient principalement du stéréotypé que l’individu a reçu de la société sur leur personne.
Il s’est ensuite attardé sur les entraves à la pleine réalisation des droits des personnes handicapées et les efforts entrepris par la communauté des Etats pour apporter une solution durable à cette situation, à travers l’adoption d’un arsenal juridique important dont la Convention sur les droits des personnes handicapées est le couronnement.
Le deuxième intervenant Dr Oyé Joseph, Président National de l’ONG Sightsavers a entretenu l’assistance sur « la réhabilitation et l’autonomisation des personnes handicapées au regard de la Convention. ». Il s’agissait pour lui de procéder à une approche fondée sur la réadaptation à base communautaire et la Convention sur les droits des personnes handicapées. Cette approche, d’après lui, est une stratégie d’égalisation des chances, de réduction de la pauvreté et d’intégration sociale des personnes handicapées.
Il a en outre énuméré les diverses dispositions de la récente Convention qui sont en rapport avec la réadaptation à base communautaire, à l’instar des articles 19 sur la pleine inclusion dans sa communauté, la pleine participation des personnes handicapées aux activités de la société dans laquelle ils évoluent.
L’allocution du Représentant du Centre, Monsieur Michael Offermann, a porté sur « Les normes internationales en matière de droits liés au Handicap». Il ressort de son intervention que les personnes handicapées ont toujours eu besoin d’une protection, car vivre dans la société avec un handicap est toujours un poids difficile à porter : pleine de frustrations, d’humiliations et d’exclusions, parfois allant même jusqu’au refus du droit à la vie ou à l’intégrité physique. Dans les faits, les porteurs d’un handicaps ne bénéficient pas des mêmes opportunités que le reste de la population. Ils rencontrent au quotidien d’innombrables obstacles qui constituent des barrières à leur plein épanouissement.
En parcourant les différents textes qui protègent de près ou de loin les personnes handicapées, il s’est particulièrement appesanti sur la Convention qui demeure l’expression de la volonté de la communauté internationale à lutter contre les discriminations dont sont victimes les personnes handicapées. Cette Convention est le premier instrument international spécifique qui traite de manière globale de tous les aspects liés au handicap. Elle ne crée ni de « nouveaux droits », ni de « droits particuliers ». Elle exprime essentiellement des droits existants, mais en prenant en compte les besoins et la situation particulière de vulnérabilité des personnes handicapées.
Elle représente une étape importante de changement de la perception de l’handicapé et du frein au développement que constituent les nombreuses discriminations dont il est victime.
Chaque Etat Partie à la dite Convention est appelé à conformer sa juridiction interne à ses dispositions.
La Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, en son article 18, a été soulignée comme une reconnaissance de l’importance de l’intégration des personnes handicapées dans la société africaine et le processus de son développement.
En adoptant ce texte, l’Assemblée générale des Nations Unies a, en quelque sorte, couronné des efforts faits de part et d’autres sur la reconnaissance des droits spécifiques liés aux personnes vivant avec un handicap.
Mme Eva Etongue Mayer de la Commission Nationale des Droits de l’Homme à intervenu sur « la promotion et la protection des personnes handicapées au Cameroun ». Elle s’est employée à faire ressortir dans un premier temps, le cadre juridique de la protection des personnes handicapées à commencer par la Constitution du 18 janvier 1996 et quelques lois spécifiques ayant précédé la Convention même. Ceci, pour marquer le fait que le Cameroun n’a pas attendu la consécration d’un texte international pour se pencher sur le problème des personnes handicapées.
Elle a ensuite relevé les obligations du gouvernement camerounais en matière de protection des personnes handicapées, notamment dans le domaine de l’éducation, de la formation professionnelle, de l’accès au sport et aux loisirs, de l’exemption des frais scolaires.
Enfin elle a tenté de dresser un bref bilan de l’action gouvernemental en faveur des personnes handicapées au Cameroun. Elle a n’a pas manqué de souligner les efforts que le gouvernement consent via l’institution qu’elle représente.
Monsieur le Secrétaire Général du Ministère des affaires sociales représentant le ministre empêché a, lui, exposé sur « l’action du Gouvernement pour lutter contre la discrimination des personnes handicapées en vue de leur participation à la vie sociale et au développement du Cameroun ». Il a fait le tour de l’ensemble des chantiers du gouvernement visant à éviter la discrimination des personnes handicapées. La signature et de la ratification de la Convention sur les droits des personnes handicapées s’inscrit dans cette optique. Il en est ainsi de la Participation des personnes handicapées à la formulation des stratégies et plans les concernant, de la facilitation de l’insertion et de la réinsertion sociale et économique des personnes handicapées, et de la facilitation de leurs participations à la vie civile et politique.
La séance de communications est suivie des débats lors desquels beaucoup de personnes handicapées venues pour l’occasion ont beaucoup intervenu. Ils ont saisi l’occasion pour demander à être instruit sur ce que représente ladite Convention dans leur vie quotidienne. Un appel est lancé à l’endroit du gouvernement de pouvoir faire suivre par des actes toutes les dispositions contenues dans le plan d’action en faveur de cette frange non moins importante de la société.
La conférence s’est achevée par un cocktail.
Résultat obtenu et plus value du Centre
Le Centre est convaincu, au vue des différentes interventions et débats qui ont meublé cette conférence, que les participants à cette journée sont rentrés avec en tête, une autre conception de la personne handicapée et de son apport dans le développement de la société quand elle est intégrée.